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SELECTION ALBUMS FÉTICHES – DANS LE BAC DE BASS Y BOUZOUK #5

L’électronique grand format

Depuis les prémices de la house et de la techno, le single ou EP a toujours été le format roi. D’une part car la production d’un album est coûteuse et plus risquée pour un label. D’autre part car cette musique à l’origine très fonctionnelle, composée de kick-snare-clap-hats et de quelques notes mélodieuses ne semblait pas avoir besoin de 2 ou 3 disques pour s’exprimer pleinement.

Mais l’avancée des technologies de productions et la créativité infinie qu’offre la musique électronique ont conduit certains petits malins à tenter de nous prouver le contraire, mélangeant les genres et les couleurs parfois avec génie et audace. Voici donc une petite sélection de nos albums fétiches, petits bijoux d’inventivité à savourer en club ou à la maison !

  • Horror Inc. – Briefly Eternal (Perlon)

Ce qui fait la qualité et tout le charme du catalogue Perlon, c’est l’existence de ce genre d’albums OVNI comme celui que nous propose Marc Leclair aka Akufen aka Horror Inc en 2013. Des morceaux surfant entre jazz, microhouse et pop atmosphérique pour un chef d’œuvre qui s’écoute de bout en bout sans rien jeter. Must-have !

  • Robag Wruhme – Thora Vukk (Pampa Records)

Quand le fantasque DJ Koze choisit de sortir un long format sur son label Pampa, c’est en général très bon signe. Après l’album d’Isolée, c’est le vétéran Robag Wruhme qui nous a surpris avec un album house hybride au son organique, une ode à la rêverie douce et nostalgique qui a marqué l’année 2011.

  • Matthew Herbert – Bodily Functions (!K7)

Après la deep house, la minimal techno ou le glitch, le génie anglais se penche en 2001 sur un album plus concept que club, supporté par la délicieuse voix de Dani Siciliano. Seul St Germain avait réussi avant lui l’exercice périlleux de l’album jazz house et dans un style bien à lui, Herbert nous livre ici un album sublime et très personnel, alternant tubes dansant comme le célèbre It’s Only et ballades perchées à l’image de The Audience ou You Saw It All.

  • Mr. James Barth ‎– My Old Blues Suits (Plumphouse Records)

En 1996, la Suède voit surgir un album à la cover étonnante qui va devenir classique ! Mr. James Barth, plus connu par les amateurs de Techno sous l’alias Cari Lekebusch est un véritable caméléon qui au cours d’une carrière marathon a tout simplement touché à tout : Hip-hop, Electro, Techno et House. Et c’est de House qu’il s’agit ici. Avec My Old Blues Suits, Lekebusch signe une merveille aux hi-hats tranchants, ligne de basse ravageuses, vocals hypnotiques et humoristiques qui n’est pas sans nous faire penser aux productions terriblement efficaces de Nimbus Quartet de l’époque, naviguant entre house, deep techno et minimal. Must-have !

  • Makam – How Long is Now? (Sushitech)

Makam sait tout faire, et il le prouve en 2010 avec un album éclectique et énergique sur l’excellent label Sushitech. Avec une maîtrise du sampling jouissive sur des morceaux comme Boss & Lomber, cet album explore toutes les facettes de la House en leur donnant un bon coup de jeune : Disco, Chicago, Soul… tout y passe et un seul sentiment subsiste : une terrible envie de danser !

  • Dream 2 Science – Dream 2 Science (Power Move Records)

Pas étonnant que Rush Hour ait réédité il y a peu ce mini-album datant de 1990. Ce classique de la deep house New Yorkaise sonne toujours aussi bien 2 décennies après sa sortie, dans notre époque où tout est devenu « deep house ». Un retour aux sources qui fait du bien. Must-have !

  • Luomo – Vocalcity (Force Tracks)

Décris par son propre auteur comme un échec, cet album de Vladislav Delay sous son alias Luomo était certainement un ovni à l’époque de sa sortie en 2000. 6 morceaux compris entre 10 et 16 minutes pour de la house vocale, on ne voit clairement pas ça tous les jours à part dans les méandres plus expérimentaux du genre. Mais ce petit album reste un excellent mélange de deep/dub house, avec des rythmiques sophistiquées qui rappellent la formation de batteur jazz de son auteur, et des vocals bien cheesy et entêtant pour faire chavirer les cœurs. Guilty pleasure 😉

  • DJ Koze – Amygdala (Pampa Records)

Amygdala est l’œuvre la plus aboutie du patron de Pampa Records. Présenté par Koze comme son « Sergent Pepper », cet album est de loin ce que l’on a entendu de plus inventif et psychédélique depuis des années. Réussissant le tour de force de sortir un album pop à la fois accessible et exigeant, Amygdala est sans conteste parti pour rester dans les annales de la musique électronique.

  • Delano Smith – An Odyssey (Sushitech)

Après avoir fait parti du cercle fermé des tops DJs de Detroit dans les années 80, Delano Smith met sa carrière entre parenthèses dans les années 90 pour des raisons personnelles. Mais en 2002, l’américain ressort sa vieille 909 des cartons et se met enfin à la production. Après de nombreux EP, il sort en 2012 son premier album An Odyssey. Véritable voyage puisant clairement son inspiration dans les rues de la Motor City : kicks assommants, hi-hat cinglants et basse groovy. C’est brutal, c’est dark, mais c’est aussi deep et hypnotique à la fois… bref c’est Detroit.

  • Ricardo Villalobos – Thé au Harem d’Archimède (Perlon)

Le premier album du Maestro sur Perlon est un petit bijou de microhouse expérimentale. Après l’excellent Alcachofa sur Cadenza dans un style plus tech/club, Ricardo explore ici encore plus profondément les sons modulaires et la puissance des illusions psycho-acoustiques que provoquent ses boucles infinies de plus de 10 minutes. Un album qui, vu avec du recul, restera certainement comme un tournant dans sa discographie et dans la définition de sa signature sonore actuelle. En attendant son prochain qui devrait sortir dans l’année si l’on en croit les rumeurs…

  • Petre Inspirescu – Intr-o Seara Organica… & Grădina Onirică ‎[a:rpia:r]

Fils spirituel de Ricardo Villalobos, Petre Inspirescu a comme son aîné un amour pour les morceaux qui durent. Avec déjà 2 albums pour une dizaine d’EP sortis, « Pedro » est certainement le producteur le plus doué et aguerri du trio Arpiar. Ses expérimentations mélangeant musique classique et électronique donnent lieu à des œuvres magistrales qui s’échangent à prix d’or sur Discogs.

  • Pantytec – Pony Slaystation (Perlon)

En 2002, la microhouse atteint son apogée et il devient difficile d’innover véritablement dans un genre aussi niche. C’était sans compter sur la créativité de Zip et Sammy Dee qui avec Pony Slaystation signent une œuvre essentielle du genre avec ses rythmiques complètement déstructurées mais étonnamment groovy, mélangées à des samples délirants. Un album peu accessible mais qui vaut le détour pour les amateurs du genre.

  • Dwig – Forget The Pink Elephant (Giegling)

Comment ne pas parler de Giegling dans cette sélection?! Le label de Weimar compte déjà 7 albums pour un catalogue d’une vingtaine de release : impressionnant quand on connaît la qualité de chacune de leurs galettes. Parmi elles, l’album de Dwig sorti en 2013 nous a marqué avec sa house downtempo aux rythmiques hip-hop, rappelant parfois l’incroyable Space is Only Noise de Nicolas Jaar.

A propos de Bass Y Bouzouk

Bass Y Bouzouk est un collectif de DJs et producteurs parisiens fondé en 2011. Depuis près de 3 ans, ses membres remplissent les salles des bars et clubs de la Capitale (Rex Club, Showcase, Nüba Cocobeach, Concorde Atlantique, Cabaret Sauvage, Batofar, etc.) et partagent avec le public parisien leur amour pour le vinyle, la House et la Techno de qualité. Leur page Facebook.




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