[INTERVIEW] MÖD3RN – LA RÈGLE DES TROIS

À l’occasion de la 18ème édition du Festival Panoramas à Morlaix (29), François, notre chroniqueur et fêtard invétéré a rencontré les trois membres du groupe Möd3rn. Quelques heures avant leur passage, Antoine (Electric Rescue), Maxime Dangles et Romain (Traumer) nous expliquent comment, à partir de liens amicaux, ils en sont arrivés là.

Avant tout, comment vous vous êtes rencontrés ?

Antoine : En fait j’ai monté le label Skryptöm, et Maxime s’est joint à moi. Une amitié s’est formée avant même sa première sortie sur le label. Puis Romain est arrivé de la même manière, deux ans après.

Romain : L’anecdote c’est que j’avais envoyé un mail en anglais, pensant que Skryptöm était un label scandinave. (rires)

Antoine : L’autre détail, c’est qu’il avait que 16 ans, quand il m’a envoyé sa démo. On s’est ensuite rencontrés lorsque je me produisais déjà en duo avec Maxime.

Justement, comment est venue cette idée de former un trio ?

Antoine : On faisait des duos entre nous, et il y a 3 ans, l’idée de jouer tous ensemble est venue naturellement.

Romain : Le déclic a été assez rapide !

Maxime : C’est avant tout une envie à 3. On a envie de partager un bon moment ensemble sur scène.

Du coup, comment vous bossez ?

Antoine : Vu qu’on est tous séparé géographiquement, on se téléphone, on s’envoie nos tracks chaque jour. Maxime est sur Valence, Romain à Issy-les-Moulineaux et moi dans la campagne de Beauvais. C’est de cette manière qu’on a composé le premier live, présenté lors du festival Family Piknik, à Montpellier en 2013. Ça a très bien marché. Du coup on a continué, si bien qu’on en est à la cinquième sortie aujourd’hui.

Jusqu’ici, vous avez balancé uniquement des EPs, à quand le premier album ?

Antoine : On travaille dessus en ce moment. Il est prévu pour la fin de l’année, j’espère qu’on va tenir les délais. C’est vrai que pour l’instant, on a fonctionné que par 3. Il y a 3 morceaux par disques, on a remplacé le « e » de Möd3rn par un 3. C’est la règle des 3, un délire sans aucune profondeur, mais qui se retrouve à plusieurs reprises.

Musicalement, comment vous définissez Möd3rn ?

Maxime : Techno, avant tout, c’est la base !

Romain : Mais qu’on le veuille ou non. Je trouve qu’on a une certaine fascination pour un certain type de texture. Par exemple, en utilisant des cordes, un type de synthé très particulier. Sans faire de mimétisme, ça suit l’évolution de la musique. Et puis les 3 disques se jouent dans différentes vibes. C’est fait pour du « pick time ». L’objectif est énergique.

Antoine : La corde s’est un peu transformée vers d’autres types de synthétiseurs plus analogiques, ces derniers temps. Mais toujours avec cette essence techno assez brut, au grain très actuel.

Est-ce que Möd3rn ne ralentit pas trop vos projets respectifs ?

Maxime : Non pas du tout, ça se fait sans prise de tête. On commence par produire chacun de notre côté et parfois on se dit « Ah ! Celui-là irait bien pour Möd3rn ».

Romain : Si tu pars dans l’idée de créer quelque chose de nouveau pour le résultat soit une soustraction plutôt qu’une addition, ça n’a aucun intérêt. Et quelque part je dirais que Möd3rn apporte à nos projets personnels. Ça fait tout sauf desservir.

Antoine : Comme le dit Maxime, dès qu’un morceau colle à Möd3rn, on en fait part aux autres et en général, on est tous d’accord.

Il y a toujours consensus ! Serait-ce une symbiose parfaite ?

Romain : Non, j’irais pas jusque là (rires) ! Parfois, il y a désaccord, mais c’est du chipotage : De savoir si on met un clap ou un charley. Mais sur l’ambiance générale, on est toujours d’accord. Il y a aussi des phases hyper introspectives où l’on reste bloqués sur un objectif. Tu te mets des œillères et tu te prives des aléas, des erreurs qui peuvent t’amener vers quelque chose de positif. C’est ça le charme du projet.




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