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[INTERVIEW] FLAVIEN BERGER, OVNI MUSICAL

J’ai été accueilli comme si j’entrais dans une tribu

En 2014, il sortait son EP Mars Balnéaire. Flavien Berger donne de sa voix sur des formats sans limites, tout en bidouillant ses multiples synthétiseurs. En arpentant aussi bien les méandres de la techno que la gaieté d’une pop new wave, l’énergumène arrive à un résultat plus que satisfaisant. Le tout, dans la langue de Molière. Scotchant ! Entre la sortie de son album Léviathan et ses cours aux ateliers de Sèvres (où il est prof’. Si si c’est vrai !), ce jeune parisien a fait quelques aller-retour en Bretagne cette année (Festival Panoramas à Morlaix 22, Art Rock à Saint-Brieuc 22, La Route du Rock à Saint-Malo 35). L’occasion de discuter avec lui afin d’en savoir plus sur ce bonhomme. Discussion avec un sacré monsieur.

Salut Flavien, tu vas bien ? Dis moi, que t’arrives-t-il avec la Bretagne ? T’es amoureux ?

Salut, ça va super ! Disons que la Bretagne, c’est un passage obligé lorsque tu es jeune musicien. J’étais à Morlaix en avril, j’ai été accueilli comme si j’entrais dans une tribu, une espèce de truc un peu ésotérique où des jeunes gens aux grands yeux me mettaient toutes sortes de trucs autour du cou pour me remercier. J’avais vraiment l’impression de voyager. C’est une ville magnifique en plus. Car quand tu arrives, tu es sur le pont qui donne sur toute la ville. On dirait un tableau de Bruegel. Saint-Brieuc c’était génial, il faisait très beau. Là-bas, ils ont un goût très prononcé pour le motif panthère.

Parlons peu, parlons musique. Paraît-il que tu aurais commencé à jouer sur ta Playstation, tu peux m’en dire plus ?

Oui, sur un jeu précis exactement. En fait je suis vraiment un résidu de mon époque. J’ai fais de la musique parce que j’avais des outils pour en faire et ces outils sont numériques. Il y avait donc ce jeu génial : Music 2000. Avec lequel, tu pouvais faire de l’acid, de la drum’n’bass et même de la techno, un peu comme les logiciels aujourd’hui. Par contre tu pouvais sampler. Et il y avait ce moment génial où tu sortais le CD de la console pour sampler un autre. Un moment impressionnant. Sinon c’était construit très simplement. Quelque chose de très intuitif.


Aujourd’hui, tu adores jouer avec tes synthétiseurs. Pourquoi poses-tu ta voix ?

Je suis assez médiocre aux synthétiseurs et aux autres instruments en règle général. Il a donc vite fallu disposer d’un instrument plus intuitif et c’est ma voix. J’ai commencé parce que je voulais raconter des histoires, de parler de situations, d’avoir une approche très narrative. Même si j’ai toujours aimé les chœurs, les gospels et les belles harmonies du genre. Donc ça été important de faire de chœurs avec ma propre voix.

À la croisée entre le fantasme et le réel

Comment tu en es venu à aborder le thème de la fête foraine ?

Une fois j’ai pris de l’ecstasy et je suis allé dans une fête foraine.

Et ça s’est bien passé ?

Oui ça s’est bien passé (rires) ! Et du coup, c’est ce que je raconte un peu dans mon album. Parce qu’en fait je parle de choses vécues ou de choses fantasmées. À la croisée entre ce qui a vraiment été réel et ce qui ne l’est pas. Toujours en toile de fond une histoire d’amour quand même. Et ce titre La Fête Noire est apparu comme ça. Il y avait toujours l’idée d’une espèce d’attraction aquatique. En croisant les textes, les différents thèmes, celui du Léviathan est apparu naturellement. C’est à la fois un roller coaster bien patate au Canada, un des plus fat du monde. Et le Léviathan est aussi un monstre mythique. Donc ça résulte d’un peu toutes ces idées vécues et fantasmées.

À travers toute tes expérimentations (clip binaural), tes productions … Il y a t-il un message que tu souhaites faire passer ?

Absolument pas ! Je n’ai pas de message. J’ai juste une volonté d’embarquer les gens en voyage musical avec moi. L’objectif est qu’ils aient des sensations semblables aux miennes quand je compose.

Par ailleurs, tu enseignes dans une école préparatoire aux ateliers de Sèvres à Paris. Comment tu jongles entre Sèvres et la musique ?

Je ne sais pas trop à vrai dire. Je ne me pose pas trop la question, c’est assez naturel. Être professeur selon moi, c’est juste mettre ton expérience sur la table. Dans mon cas, c’est comment monter des projets, mener à biens tes idées, réaliser les productions. Je ne fais pas de cours magistral, je ne suis pas devant un tableau noir à dire “la vérité c’est ça“.

En dehors des sentiers battus

Les médias ont eu du mal à te coller une étiquette. On compare ton univers à celui de Sébastien Tellier, de Kraftwerk, de New Order… Mais au fond toi, qu’est ce tu écoutes vraiment ?

En ce moment j’écoute les Meridian Brothers. De la cumbia un peu psychédélique et absurde. C’est plutôt drôle, vachement groovy, hyper beau, planant et hors-format.

Et sinon ?

En fait, ça m’angoisse un peu quand on me demande ce que j’écoute. Parce que j’écoute intégralement énormément de choses. C’est comme si je te mettais devant des milliards de points de couleur et que je demandais lequel est ton préféré.

Mmmmh d’accord, mais il n’y a même pas une sortie, un album, un groupe que tu attends impatiemment ?

Ah si ! Le dernier album de Tame Impala, il est fat ! J’adore le virage qu’ils prennent, qui n’en est pas un au final. Ce sont les médias qui le qualifient comme cela. Au final, ça s’inscrit dans la suite logique des choses. Aujourd’hui on vit une superbe époque musicale !




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